Tendre des pièges attractifs

Le principe de fonctionnement des pièges attractifs est basé sur l’attirance des moustiques pour certains stimuli émis par les hôtes qu’ils préfèrent piquer. Parmi ces stimuli, le CO2 ou dioxyde de carbone, produit par la respiration de l’Homme, est l’un des composants les plus attractifs pour le moustique. D’autres substances organiques, telles que l’acide lactique, l’octen-3-ol, l’acide butyrique, peuvent également avoir un pouvoir plus ou moins attractif en fonction de l’espèce et peuvent être utilisées, séparément ou en association avec le CO2

Il existe plusieurs types de pièges attractifs, qui s’utilisent généralement à l’extérieur. ils sont en majorité constitués d’une cage ou d’un sac en tulle moustiquaire dans lequel sont aspirés, au moyen d’un ventilateur, les moustiques attirés à proximité immédiate du piège. Dans les pièges plutôt destinés aux entomologistes, le CO2 est produit par la sublimation de carboglace contenue dans une bouteille isotherme percée de quelques trous pour laisser diffuser le gaz. Il existe également des pièges automatiques plus sophistiqués, qui diffusent le CO2 produit par la combustion de gaz propane provenant d’une bouteille, laquelle sert également de source d’énergie pour faire tourner le ventilateur. Pour les plus performants de ces outils, la portée efficace est réputée atteindre d’après les fabricants 4 000 m2, ce qui paraît optimiste.

Ces pièges seront toujours moins attractifs que l'hôte de prédilection !

Placés judicieusement et en nombre suffisant, ces dispositifs sont censés réduire le nombre de moustiques en formant une barrière autour de l’endroit à protéger. La présence effective de moustiques récupérés dans ce type de pièges contribue à conforter l’idée de leur efficacité, mais l’absence totale de piqûre ne peut pas être garantie. Ce sont donc des systèmes de protection complémentaires qui ne peuvent pas se substituer à l’ensemble des autres mesures de lutte, en particulier en situation endémique ou épidémique sur une zone locale. La recommandation d’emploi de ces dispositifs reste donc à nuancer, d’autant qu’ils représentent un certain coût, variant selon le modèle de 80 € à 1 200 €, auxquels il faut ajouter le prix des bouteilles de propane, d’une autonomie de 3 à 4 semaines. Pour la plupart des espèces anthropophiles - vivant à proximité de l’Homme - ces pièges seront toujours moins attractifs que leur hôte de prédilection. L’humain sera donc piqué même s’il séjourne à proximité immédiate du piège.

Citons le cas particulier des pièges à levure : divers sites internet font la promotion d’un piège élémentaire fait maison, à base d’un mélange de sucre roux, d’eau et de levure de boulanger, placés dans un récipient. S’il en résulte effectivement une production de CO2, celle-ci est très faible et son pouvoir attractif négligeable. Le sucre aura pour effet secondaire d’attirer les guêpes et de piéger de nombreux insectes en recherche de jus sucré, ce qui laisse penser à tort aux non-spécialistes découvrant les nombreux spécimens capturés, que cette méthode est efficace.


   
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