Le volet sanitaire

Pas d'inquiétude en régions tempérées. Vigilance, quelques transmissions "autochtones" ponctuelles possibles.

L’identification du « moustique tigre » Aedes albopictus en Europe du sud (en Italie, depuis une vingtaine d’années, et désormais dans de nombreux départements français (une trentaine en 2015), a suscité cette question : chez nous, peut-il y avoir une épidémie comparable à celle de chikungunya qui a sévi à La Réunion en 2006 ou à celle de dengue aux Antilles, en 2010, et dont le vecteur est le même : Aedes albopictus ? Tout esprit rationnel dira qu’on ne peut jamais dire « jamais ». Mais pour autant, les spécialistes apportent des réponses rassurantes : il n’y a pas lieu de s’inquiéter.

Information sanitaire sur le site de l'ARS : 

http://www.occitanie.ars.sante.fr/

Aedes albopictus n’est pas la dengue ou le chikungunya

D’abord, il importe de distinguer entre un vecteur potentiel (tel qu’Aedes albopictus) et une maladie vectorielle (telle que le chikungunya ou la dengue). Car là où il y a un vecteur, il n’y a pas nécessairement de maladie.

D’abord le moustique

Originaire d’Asie du sud-est, Aedes albopictus (ou « moustique tigre ») présente une grande plasticité, qui lui a permis de s’adapter à diverses conditions de milieu. De sorte que depuis sa zone tropicale originelle, il a pu s’implanter dans des pays tempérés, en Europe du sud, entre autres. Ainsi est-il présent en Italie depuis une vingtaine d’années.

Ensuite les virus

Le virus chikungunya (en swahili : homme courbé), dont une épidémie a affecté en 2006 l’île de La Réunion, est naturellement transmis en régions tropicales et sub-tropicales par la piqûre du moustique Aedes albopictus. Il est originaire des zones tropicales et intertropicales d’Afrique, d’Inde et d’Asie (première découverte en 1953, en Tanzanie et en Ouganda), dans lesquelles il se maintient. 

Le virus de la dengue (DENV) fait partie de la famille des Flavivirus. Il est classé en quatre sérotypes différents (DENV-1 à DENV-4). Ce virus est l’un des plus répandus à travers le monde : on dénote environ 100 millions de cas chaque année de sa maladie, sous sa forme bénigne.

Improbabilité d’une épidémie d’ampleur, mais quelques transmissions autochtones possibles

L'été sous les tropiques, c'est l'hiver chez nous. Cette donnée est un facteur amenuisant, en termes de risques, car dans nos pays tempérés, le moustique passe par une période de diapause hivernale (hibernation) durant laquelle il n’a plus d’activité de piqûre. Donc il ne peut y avoir rencontre entre des personnes contaminées à la dengue ou au chikungunya venant de l’hémisphère sud avec des « moustiques tigres » potentiellement vecteurs de l’hémisphère nord, puisque ceux-ci sont alors inactifs.

Toutefois, l’augmentation considérable du tourisme mondial incite les pouvoirs publics à être vigilants et à user du principe de précaution, même si le risque de voir se développer dans nos régions un épisode épidémique de grande ampleur est hautement improbable.

La dengue sévit aux Antilles et le chikungunya dans des pays de l’hémisphère nord, comme l’Inde. Là, la concomitance de temps existe entre une circulation de personnes contaminées et éventuellement virémiques et la présence active de « moustiques tigres » dans les départements concernés de notre pays. Cela est théoriquement possible dès lors qu’il y a un seul Aedes albopictus, mais les quelques cas observés l’ont été dans des secteurs où le « moustique tigre » était installé depuis déjà quelques années et présentait des densités d’individus assez conséquentes. Ainsi, quelques transmissions autochtones sont donc possibles.